
Andrée Castille, fille de Jules, le maréchal-ferrant qui exerçait au 16 bis de cette rue Mirabeau, a bien connu cette ferme. Elle nous racontait l’anecdote suivante : « Lorsqu’on tuait la vache celle-ci pendait au milieu du porche de la ferme et en descendant la rue Mirabeau on tombait directement dessus ! ». La ferme a été détruite en 1954 pour l’aménagement du carrefour, le début de la création du lotissement des Sarts et du cabinet du Docteur Outurquin.




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À la place de la station de métro Mons Sarts, il y avait jadis une ferme !
À gauche, la ferme Pottier aux environs de 1950. À droite, en 1954, lors de la démolition. Photos Henri Prévost
Les travaux de construction – déconstruction du quartier des Sarts vont débuter en 1954 par la démolition de la ferme Pottier. Elle se situait environ là où, actuellement, on trouve la station de métro Mons Sarts.
Les dépendances de la ferme étaient fréquentées par un hôte occasionnel : le clochard Huguet.
La photographie ci-dessus date du tout début des années 1950. Le photographe n’est pas venu là par hasard. Il s’appelle Henri Prévost. C’est le correspondant du journal Nord éclair. Comme la ferme Pottier est promise à la démolition dans le cadre de la construction d’un nouveau quartier – Les Sarts –, elle constitue un sujet d’actualité. Cette ferme ressemble aux autres bâtiments agricoles du voisinage. Elle est construite en briques, suivant le modèle flamand. On appelle cela une « Hostfède ». La démolition de la ferme Pottier aura lieu en 1954 tandis que, dans la foulée, on va construire la première tranche du nouveau quartier des Sarts. Aujourd’hui, c’est la partie la plus ancienne de ce qu’on appelle « le Nouveau Mons ».
Ce chantier qui débute à cet endroit de la rue Parmentier couvre un quadrilatère important, délimité – côté ouest – par les rues Jean-Jaurès, Jean-Jacques Rousseau et le boulevard du Général-Leclerc. La première tranche de ce programme, mélangeant les petites maisons individuelles et les logements collectifs, était constituée de 624 logements dont 500 maisons individuelles afin de pouvoir y loger 3 000 nouveaux habitants. Ce coin de campagne va, en l’espace de quelques mois, se changer radicalement en ville.
Du football dans la pâture
Cette ferme Pottier occupe une place particulière dans la mémoire collective des Monsois. Elle était très proche de la rue principale du bourg – actuellement rue du Général-de-Gaulle –, l’axe historique de l’agglomération. Tous les gamins de l’époque connaissaient bien l’endroit. Ils venaient s’y fournir en beurre et en lait pour le compte de leurs familles. Il leur fallait faire attention. Les dépendances de la ferme étaient fréquentées par un hôte occasionnel qui leur faisait très peur : le clochard Huguet. Pour eux, c’était une sorte de croque-mitaine ! Surtout, cette ferme était liée à la pratique du football. Petits et grands étaient les adeptes de la fameuse pâture Pottier. À cette époque, il n’existait pas de stade de football et même les joueurs de « La Fraternelle » puis du « FC Mons », venaient s’y entraîner en semaine !
C’était tout un art, parce que, non seulement il fallait savoir éviter l’adversaire, mais aussi slalomer entre les bouses de vaches. Le joueur le plus brillant n’était autre qu’André Pottier, le fils du fermier. Il portera les couleurs du LOSC de 1944 à 1956 et jouera même dans l’équipe professionnelle, lors de la saison 1953-1954. En 1984, à l’âge de 56 ans, il était revenu sur ses terres et jouait encore au football dans l’équipe des vétérans de Pellevoisin.
A. C. (CLP)